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Mai-Juin 2019

N° 676

Noa orchestra

Talentueuse, la chanteuse israélienne Noa a plus d’une corde à sa voix. Son éclat éclore dans son nouvel album, « Classic Noa », qui sort cette semaine. Soit trois disques qui se teintent de musique classique, italienne et hébraïque.

Célébrée en Israël ou en France, Noa aime se nourrir de multiples cultures. Une nourriture puisée dans une enfance, sous le signe du brassage. Elle est encore jeune quand sa famille quitte Israël pour s’installer à New York. Ashkénazes, Yéménites, juifs ou non juifs font partie de son quotidien. Noa est aussi exposée à un sacré cocktail de langues et de musiques. Tout en étant attachée à ses origines, elle s’ouvre à son environnement américain et s’abreuve passionnément de rock ou de pop. Ce mélange se retrouve dans sa musique et ses chansons cosmopolites. D’après son acolyte, Gil Dor, « ses racines sont universelles et humanistes ». Le pétillant duo est à Paris afin de promouvoir la sortie d’un coffret, intitulé « Classic Noa ». Soit un triptyque, composé de trois CD aux sonorités et aux ambiances variées.

Idéal instrumental

Le premier album, « The Israeli Songbook », a été lancé en 2011. Le voici remanié à la sauce de l’orchestre symphonique de Jérusalem. Si l’artiste se perçoit comme « un drôle d’oiseau » au sein de la scène israélienne, c’est « parce que je ne cherche pas le succès à tout prix. Je fais avant tout de la musique pour me faire plaisir à moi-même. Mon exigence étant de créer de la beauté et d’émouvoir les gens. Grâce à cet orchestre, Gil Dor a pu créer un arc-en-ciel de sons et d’instruments, qui enrichit mes chansons. » Ce CD est aussi une façon d’explorer la genèse et l’évolution de la musique israélienne des années 30 à 1980. La chanteuse estime « qu’elle reflète l’histoire d’un état, en quête de son identité. Les sujets abordent la diversité des habitants et le défi de vivre dans ce pays, en construction. » Autre challenge : raviver une langue issue de la Bible. « Impossible d’éviter cette dernière lorsqu’on écrit en hébreu, tant elle est omniprésente », estime Gil Dor. Aux yeux de Noa, il est toutefois « essentiel de partager la richesse de cette culture avec le monde extérieur. » C’est pourquoi elle rend hommage à des figures comme Rachel, Miriam ou Gedalya. On y trouve aussi des chants qui ont bercé son enfance, à l’instar de « Yalda im tzamot » (Une petite fille aux tresses). L’album contient une surprise… une traduction d’une chanson, romantique et mélancolique, en français. Cela donne un « Vent d’automne » adapté par l’écrivain Philippe Besson. Noa ne cache d’ailleurs pas son amour pour la langue de Molière, « qui m’emporte d’emblée dans le décor de Paris et la fantaisie. » Le second CD atterrit en Italie, pour une escale au cœur de la chanson napolitaine. « Noapolis » est un clin d’œil à sa mère, qui adorait écouter ces mélodies parlant d’amour, d’humour, d’immigration et de femmes luttant pour acquérir la liberté. « L’amour est une émotion basique, mais rien d’autre ne vaut la peine d’être vécu. Il a le pouvoir de transformer les gens et de les pousser à agir. » Vivifiant, le dernier album – « Live with the Solis String Quartet » – allie le dynamisme de « Ray of light » aux frissons de son interprétation d’Ave Maria. Une façon d’introduire une lueur d’espoir dans le processus de paix israélo-palestinien. « Lorsque je chante Shalom Shalom, j’y crois dur comme fer, mais ce n’est pas évident de rester optimiste. Ma musique se doit d’ouvrir les cœurs, sinon elle ne sert à rien ! » Mission réussie.    

Noa, coffret « Classic Noa » (3CD), 31 productions.

En concert le jeudi, 28 février 2013, au Théâtre du Châtelet.