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Mai-Juin 2019

N° 676

Israël

Barack Obama au Proche-Orient : entre symbolique et diplomatie

La première visite du président américain en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie a beau avoir été qualifiée d’ « historique », elle laisse un goût de déjà vu et les acteurs du conflit, seuls, face à leurs responsabilités. Barack Obama avait prévenu, peut-être pour ne pas décevoir ses interlocuteurs, que cette tournée au Proche-Orient n’avait « pas pour objectif de relancer le processus de paix » israélo-palestinien. En cela, la Maison Blanche a tenu ses promesses puisque les responsables israéliens et palestiniens qu’il a rencontrés lui ont réaffirmé leurs positions, celles-là mêmes qui empêchent toute reprise de négociation directe depuis près de trois ans, sans qu’aucune nouvelle voie ne leur soit tracée.

Le temps fort de cette visite fut donc à l’université de Jérusalem où devant près de deux milles étudiants israéliens Barack Obama a répété que « La paix est la seule voie vers la vraie sécurité », ménageant avec talent, et sans engager la diplomatie américaine, les Israéliens et les Palestiniens. « Il y aura beaucoup de voix pour dire que le changement n’est pas possible. Mais souvenez-vous qu’Israël est le pays le plus puissant de la région. Israël a le soutien inébranlable du pays le plus puissant au monde », a-t-il fait valoir à l’adresse des Israéliens avant d’appuyer l’idée d’une reconnaissance des frontières de 67 pour un futur Etat palestinien. Ainsi ce discours a été salué par Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu avec le même engouement, le Premier ministre israélien le remerciant pour son « soutien sans réserve à l’Etat d’Israël » et le président palestinien se félicitant d’un discours stipulant que « la réalisation de la paix et l’option de deux Etats sur les frontières de 1967 était la voie pour parvenir à la sécurité pour les peuples palestiniens et israéliens ».

Il faut peut-être donc rechercher l’objectif de cette visite du côté du symbolique car de ce point de vue il semble avoir été atteint, comme l’a souligné un éditorialiste du journal Haaretz qui souligne : « Le but d’Obama en venant en Israël a été atteint : il a gagné le cœur des Israéliens et leur a donné une impression de sécurité, dans l’espoir qu’ils vont maintenant prendre la relève et pousser leurs dirigeants vers un accord de paix avec les Palestiniens ».

Le président américain fut en revanche beaucoup plus « concret » et offensif sur les questions syrienne et iranienne. « Assad doit partir pour que l’avenir de la Syrie puisse commencer » a-t-il martelé à plusieurs reprises, mettant aussi en garde Damas contre l’utilisation d’armes chimiques ou leur transfert à des groupes terroristes. Téhéran, au cœur des préoccupations du gouvernement Netanyahu, a également été visé : « L’Iran ne peut obtenir d’arme nucléaire, a-t-il dit, c’est un danger qui ne peut pas être endigué », répétant que « toutes les options sont sur la table » pour y parvenir. Un problème et une solution sur lesquels israéliens et américains semblent en phase.

C’est à Amman, en Jordanie, que s’est achevée cette tournée proche orientale, Washington souhaitant donner plus de poids au rôle de médiateur que joue le roi Abdallah II. Mais Barack Obama rentré samedi aux Etats-Unis les navettes diplomaties se sont poursuivies, ainsi le Secrétaire d’Etat John Kerry a rencontré à nouveau B. Netanyahu et M. Abbas afin d’insister, encore une fois, sur la « nécessité de faire la paix », selon les termes d’un diplomate américain, comme si ce message compris par la société civile ne l’était pas de la part ses dirigeants politiques.