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Mai-Juin 2019

N° 676

France

Marseille : dérapage du directeur de cabinet du préfet contre la communauté kurde et juive

Depuis une dizaine de jours, des membres de la communauté kurde manifestent à Marseille afin d’interpeller l’État sur l’arrivée des djihadistes de l’État islamique aux portes de la ville kurde de Kobané en Syrie. Une délégation kurde a donc été reçue la semaine dernière à la préfecture de police. Le directeur de cabinet du préfet de police, Gilles Gray, s’est emporté. Il devra expliquer ses propos auprès du ministère de l’Intérieur. La conversation, enregistrée par un membre de la délégation et publiée par un journal local, La Marseillaise, a en effet donné lieu à un discours des plus surprenants et pour le moins polémique de la part de Gilles Gray :

« Je ne comprends pas, Vous êtes Kurdes, c’est un grand peuple, le peuple kurde, vous avez vos frères là bas et vous êtes en train de mettre la merde à Marseille mais vous n’y êtes pas (au Kurdistan Ndlr). C’est comme la communauté juive. Moi si j’étais juif à Marseille, pensant à mon peuple et à mon pays, ben je serais dans l’armée Israélienne, pas à Marseille  »

L’enregistrement est disponible ici : http://www.lamarseillaise.fr/marseille/flash/31993-marseille-derapage-en-prefecture

« L’entretien était lié à un changement de trajet d’une manifestation prévue, annoncé hors des délais légaux », a expliqué le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain. « Il a duré plus d’une heure, et au-delà de son objet premier, il s’est poursuivi avec des propos plus informels et plus personnels, tant dans la forme que dans le fond », a-t-il poursuivi.

« Ces propos ne sauraient engager l’Etat, mais ils posent question car ils sont tenus dans le cadre de l’exercice de fonctions » de sous-préfet et directeur de cabinet du préfet de police, a ajouté Jean-Paul Bonnetain. « Face à cette situation, la personne en question a été invitée à apporter les explications utiles pour envisager les conséquences que l’administration estimera opportunes. C’est une affaire qui, par sa sensibilité, retient l’attention de l’administration centrale », c’est-à-dire du ministère de l’Intérieur.

Dénonçant dans un communiqué un « manque de solidarité élémentaire » et des propos « d’une violence inouïe et d’une bêtise crasse », SOS Racisme a de son côté demandé que « des sanctions soient prises dans les plus brefs délais » contre Gilles Gray.