Injures antisémites envers Alain Finkielkraut : jugement rendu ce vendredi  |  « Les défenseuses du burkini n’ont rien compris : Rosa Parks, c’est l’émancipation! »  |  Une place de Jérusalem inaugurée à Paris  |  Jérusalem: la France ouvre puis referme le Tombeau des rois après des incidents Un sommet inaugural de la lutte contre l’antisémitisme à Bucarest Révolte au Soudan : « Les démocrates soudanais ne pourront compter que sur leur propre génie démocratique » 15ème édition du Festival des Cultures Juives du 13 au 23 juin 2019 ! Pierre Goldman ou la découverte d’un écrivain « Field Hospital X », l’oeuvre de l’Israélienne Aya Ben Ron, présentée à la Biennale de Venise Le monde change. L’Arche aussi. L’édito de Paule-Henriette Lévy

Votre formule (abonnement annuel)

5 numéros par an

A partir du numéro

J'ai lu et j'accepte les conditions générales d'abonnement.

Le dernier numéro

Mai-Juin 2019

N° 676

France

Nous sommes Charlie

Quand les historiens raconteront notre début du siècle, ils retiendront cette date du 7 janvier 2015. En ce jour, 12 personnes ont été tuées dans un attentat odieux dans les locaux de Charlie Hebdo. Parmi les victimes, des caricaturistes très connus, très aimés, avec lesquels nous avons grandi : Charb, Cabu, Wolinski, Tignous. Bernard Maris, économiste dont beaucoup se rappellent les analyses à la télévision. Deux policiers dans l’exercice de leur fonction. Et des blessés qui se trouvent encore dans les hôpitaux, pour certains entre la vie et la mort.
On a souligné le professionnalisme dans l’exécution. Les terroristes savaient le lieu et l’heure de la conférence de rédaction. Ils connaissaient les noms des journalistes qu’ils devaient exécuter. Ils ont quitté les lieux avec sang froid et en criant : « Nous avons vengé Mohammed ! » et « Nous avons tué Charlie hebdo ! ».
Ils ont peut-être effectivement tué Charlie Hebdo, et il est probable que le journal pourra difficilement se relever de la décapitation de son équipe dirigeante.
Ils étaient le sel du journalisme, dans la grande tradition de la caricature française. Ils étaient l’honneur de leur profession, selon le mot de Philippe Val, l’ancien directeur du journal. Qui pourra leur succéder ? Qui pourra prendre leur place. Qui pourra avoir leur audace dans la défense de la liberté?
« C’est un acte de guerre » a dit le recteur Boubaker. Et c’est sans doute l’attentat le plus horrible depuis celui de Toulouse contre une école juive, peut-être même l’attentat le plus grave depuis la guerre d’Algérie.
Il y a eu l’appel au deuil national lancé par le Président de la République. Il y a eu hier, il y aura aujourd’hui, et sans doute toute la semaine des rassemblements à Paris, place de la République, et dans toutes les grandes villes de France. Des dizaines de milliers de personnes, dans des rassemblements spontanés, improvisées, disent leur émotion, leur colère, et leur solidarité avec le journal foudroyé. « Je suis Charlie » clament les stickers sur les lieux de ces rassemblements. Oui, devant cette attaque barbare contre la presse, contre la liberté, contre l’indépendance, tous les journaux devraient répondre d’une seule voix « Nous sommes Charlie ! »