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Mai-Juin 2019

N° 676

Antisémitisme

Antisémitisme, un plan global de lutte

En 2014, 851 actes antisémites ont été recensés par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) s’appuyant sur des données du ministère de l’Intérieur. Contre 423 en 2013.

Triste augmentation. Si mardi 27 janvier une trentaine de pays dont la France célébraient à Auschwitz les 70 ans de la libération du camp nazi, le même jour, le rapport du Service de protection de la communauté juive (SPCJ) présentait les chiffres de l’antisémitisme en France en 2014. Et le constat est inquiétant : en un an, le nombre d’actes antisémites a doublé en France. « Jamais ce chiffre n’a été sensiblement inférieur à 400 depuis douze ans », a rappelé Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. En effet, en 2004, 974 actes antisémites avaient été recensés.

« La France est votre partie »

Dans un communiqué, le CRIF précise que « ces actes antisémites représentent 51% des actes racistes commis en France, alors que les Juifs ne sont que moins de 1% de la population française. » La France abrite la première communauté juive d’Europe et la troisième dans le monde après Israël et les Etats-Unis. Quelques semaines après l’attentat du supermarché casher ayant couté la vie à quatre Juifs, la publication de ces chiffres ne vient que confirmer une tendance déjà bien ancrée dans la société française, celle de l’accroissement des violences à l’égard des Juifs. Ce rapport fait aussi écho à l’annonce de l’Agence juive pour Israël au début de l’année, annonçant l’émigration de plus de 7.000 Juifs de France vers l’Etat hébreu. Plus du double de l’année précédente.

A l’occasion de la commémoration du 70ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, François Hollande a tenu à s’adresser aux Juifs français : « Vous, Français de confession juive, votre place est ici chez-vous. La France est votre patrie. »

Après l’émotion, le temps de l’action

« La hausse des actes antisémites est depuis plusieurs années une réalité insupportable » a affirmé le Président français. Ce dernier, toujours depuis le parvis du Mémorial de la Shoah à Paris, a également annoncé que serait présenté « d’ici fin février un plan global de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. » Trois principes devraient guider ce plan : « sécurité », « transmission » vers les jeunes générations et « régulation du numérique ». Le gouvernement a d’ores et déjà pris des dispositions afin de protéger les synagogues, commerces, écoles et centres culturels de la communauté juive.

L’école, sujet capital lorsqu’on souhaite s’attaquer à l’antisémitisme, a été abordée par François Hollande dans son allocution, déclarant que la Shoah devait « pouvoir être enseignée partout, sans aucune restriction. » Ce qui n’est aujourd’hui pas le cas dans un certain nombre d’établissements scolaires français, comme le soulignait d’ailleurs, dès 2004, le rapport Obin.

Le mois dernier, la ministre de la Justice Christiane Taubira a proposé trois mesures visant à renforcer les sanctions contre le racisme et l’antisémitisme : généraliser dans le code pénal de la circonstance aggravante de racisme, rattacher les injures et diffamations à caractère raciste ou antisémite au code pénal au lieu du droit de la presse aujourd’hui, et enfin, confier à l’autorité administrative la possibilité de bloquer « les sites internet de haine raciste ou antisémite. »