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janvier 2017

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France

Francis Kalifat : « Les actes et violences antisémites ont baissé de 56 % »

L’Arche : Qu’attendez-vous du dîner annuel du Crif avec un Président qui termine son mandat dans deux mois ?

Francis Kalifat : D’abord, il faut dire que ce dîner du Crif a cette année une saveur particulière, intervenant en pleine campagne électorale. Mais c’est en même temps un moment à part dans la campagne, puisque traditionnellement, c’est un moment d’unité républicaine où on va retrouver tous les acteurs autour d’une même table. L’invité d’honneur est le président de la République, mon discours va donc s’adresser à lui au premier chef, mais il s’adressera aussi aux candidats à la présidence qui se trouveront là. Il y aura, dans mon discours, des remerciements pour la sécurisation des synagogues et des lieux juifs, pour la protection de ces lieux et pour toutes les mesures qui ont contribué à la diminution des actes et des violences antisémites. Même s’il reste encore 335 actes et violences commis pour l’année 2016, étant entendu que ces chiffres ne comprennent que les actes déclarés au commissariat.

Je vais dire aussi notre inquiétude car il y a un vecteur très fort qui n’est pas pris en compte, c’est la haine, et c’est aussi l’antisémitisme qui s’avance sous couvert d’antisionisme.

Le président actuel est encore en exercice et il y a encore des décisions à prendre. Je dirai également l’inquiétude suscitée par le vote de la France à l’Unesco comme au Conseil de sécurité. Cette attitude ne résout rien, elle est contre-productive, et elle ne vise qu’Israël, laissant de côté tous les autres protagonistes. Il y a là une discrimination difficile à comprendre.

Si on vous entend, les actes antisémites sont en baisse par rapport à l’année précédente,

Absolument. Il y a une baisse très sensible, suffisante pour être soulignée. Elle est de 56%. Nous devons nous en réjouir, et c’est le résultat des décisions du gouvernement. Encore une fois, ces chiffres sont basés uniquement sur les plaintes déposées au commissariat.

Est-ce que tous les candidats à la présidence seront représentés ?

Ils seront plus que représentés, ils seront présents. Mais quand on dit tous les candidats, je ne pense qu’aux partis républicains. Il y aura le candidat de la droite et du centre Francois Fillon, le candidat du PS Benoît Hamon, et le président d’En Marche Emmanuel Macron. Les autres candidats représentant les extrêmes ne sont pas invités. Je considère que les deux extrêmes véhiculent tous les deux la haine. La haine et la délégitimation d’Israël n’ont pas leur place au dîner du Crif.

L’affaire Mehdi Meklat, ce chroniqueur aux tweets antisémites, sera-t-elle évoquée ?

Je ne comptais pas l’aborder dans mon discours, mais je vous dirais que je n’accepte pas en la matière l’excuse de la parodie. L’ambiance dans laquelle nous sommes n’autorise pas ce type d’ « humour » que je trouve pour ma part plus que douteux. Dans la situation actuelle, on ne peut plus accepter ce qui peut-être aurait été accepté dans un autre contexte.