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juillet 2017

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France

Les combats de la Licra

Jean-Pierre Allali et Haïm Musicant viennent de publier, aux Éditions Glyphe, un ouvrage intitulé « Les combats de la Licra ». Nous les avons rencontrés pour leur demander quelques éclaircissements.

L’Arche : Pourquoi revenir sur les combats de la Licra aujourd’hui ?

JPA et HM : Pour aller de l’avant, pour être plus fort alors qu’en 2017, l’antisémitisme et le racisme, rejoints par l’islam politique sont loin d’avoir disparu. Il faut s’inspirer des luttes menées depuis 1927, il y a 90 ans par les fondateurs de la Licra. Nous avons voulu faire œuvre de mémoire et de transmission, pour que les nouvelles générations, ne soient pas dans la renonciation, mais au contraire dans la détermination et l’action.

Ce livre est donc, de ce fait, une sorte de symbole. Ensuite, il est important, notamment pour les jeunes générations, de connaître les histoires extraordinaires qui ont marqué la Licra depuis sa création. Qui se souvient en effet que tout est parti de l’assassinat à Paris, en 1926,  par un jeune horloger juif, Samuel Schwarzbard, de l’ataman ukrainien Simon Petliura. Les combats de la Licra ont été aussi nombreux que divers. Elle est intervenue lors du pogrome de Constantine en 1934, lors de l’affaire des enfants  Finaly, elle a lutté sans relâche pour les droits des Noirs aux États-Unis, contre les procès iniques en URSS et dans le monde communiste. Elle a été aux côtés des créateurs de l’État d’Israël. Tout en narrant ces pages importantes de l’histoire de la Ligue, nous brossons un tableau des cinq présidents qui se sont succédés à sa tête : Bernard Lecache, Jean Pierre-Bloch, Pierre Aidenbaum, Patrick Gaubert et Alain Jakubowicz ainsi qu’un portrait d’un personnage central de la Licra, Lazare Rachline. Enfin, une chronologie permet au lecteur de suivre année après année, l’évolution de la Licra. Nous sommes persuadés qu’il fallait, afin que nul n’oublie, revenir sur ces combats, source d’inspiration permanente.

Comme le disait souvent Jean Pierre-Bloch, qui reprenait Victor Hugo : « Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent ».

Le livre est préfacé par  Jacques Toubon. Est-ce pour souligner la dimension « droits de l’homme » dans l’action de la Licra ?

Qui mieux que le Défenseur des Droits pouvait être sollicité pour préfacer ce livre ? Nous sommes fiers de l’attention que nous a portée Jacques Toubon, qui, comme la Licra, est en pointe pour la défense de la dignité humaine contre toutes les formes de racisme.

La Licra ne s’est-elle pas fourvoyée dans des terrains où elle s’est retrouvée en mauvaise compagnie ?

L’histoire nous a appris que l’on peut se retrouver allié objectif ponctuellement sans pour autant partager les options de ses compagnons d’un moment. Par exemple, la Licra, alors présidée par Jean Pierre-Bloch, avait organisé une commémoration de la Nuit de Cristal avec le Mrap, qui depuis a pris un mauvais chemin.

Il ne s’agit pas de s’arrêter à des épisodes qui ont pu faire débat. Ne perdons pas de vue l’essentiel : la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, à laquelle s’emploie la Licra.