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juillet 2017

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France

Emmanuel Macron : « La justice doit faire toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi »

Photo by Haim Zach / GPO

C’était cette année le 75 ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, et le Président de la République s’est rendu à la cérémonie de commémoration des victimes des crimes racistes et antisémites et d’hommage aux Justes où il a retrouvé le Premier ministre de l’Etat d’Israël Binyamine Netanyahou avec lequel il s’est entretenu ensuite à l’Elysée.

En prélude à la cérémonie, Serge Klarsfeld, Président de l’Association des Fils et Filles de déportés a présenté au Président Macron le Jardin du souvenir et le mur où sont désormais gravés les noms des enfants victimes de la rafle du Vel d’Hiv.

La matinée s’est ouverte par des allocutions de Raphaël Esraïl, président de l’Union des déportés d’Auschwitz, de Serge Klarsfeld, de Francis Kalifat, Président du Crif et de Pierre-François Veil, fils de Simone Veil et président français du comité Yad Vashem. Francine Christophe, survivante de la Shoah, a lu un poème suivi des témoignages de Rachel Jedinak, au nom des raflés du Vel d’Hiv et de Christophe Cabrol, au nom des Justes de France.

Emmanuel Macron entendait se placer d’emblée dans « le fil tendu » par Jacques Chirac en 1995mais aussi par Nicolas Sarkozy et François Hollande. « Alors, je le redis, a affirmé le chef de l’Etat, c’est bien la France qui organisa la rafle et la déportation des 16 et 17 juillet I942. Je récuse les accommodements de ceux qui disent que Vichy n’était pas la France. Ce n’était pas toute la France, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France ». Il a rappelé que sur ce sujet, le général de Gaulle était resté mutique et que les Présidents qui lui ont succédé ont préféré faire primer l’apaisement. C’était une époque de répits pendant lesquels la mémoire faisait son travail souterrain. Il a salué ce « combat souterrain » de tant et tant de celles et de ceux qui ont lutté pour que le passé ne soit pas oublié. « La vérité se fait, elle est implacable, irrévocable, et elle s’impose à tous. C’est la grandeur de la France et le signe d’une grande nation qui regarde son passé en face et tend la main à ses enfants » Ces enfants, a-t-il dit, en se tournant vers Serge Klarsfeld qui a veillé à ce que les 4116 noms de ces enfants, de 2 à 16 ans, déportés au Vel d’Hiv soient consignés sur un mur, « ce ne sont pas seulement les vôtres, ce sont aussi les nôtres ».

Evoquant les Justes de France, « ils furent, a-t-il dit, cette moisson de héros qui fit l’honneur de la France et qui est devenu le ferment de notre fierté nationale ». A côté de ces héros, a-t-il insisté, il y avait bien Vichy et l’Etat français. « La IIIème République a fourni à Vichy une grande partie de son administration. Le fait est là. Vichy put compter sur les sources vives du pays pour mener sa politique de collaboration », ajoutant : « Il est si commode de considérer que Vichy, ce n’était pas la France. C’est commode, mais c’est faux, et on ne bâtit aucune fierté sur le mensonge »

Evoquant le racisme et l’antisémitisme – « je voudrais que ces deux mots résonnent ici de leur métal » -, il a dressé la liste de toutes les victimes récentes de l’antisémitisme, une à une, de Ilan Halimi, Myriam Monsonégo, Yohann Attab…jusqu’à Sarah Halimi dont il a dit : « La justice doit faire la clarté sur la mort de Sarah Halimi : « La justice doit faire toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi ».

Le nom de Simone Veil n’était pas absent de la cérémonie. Il a parlé de sa voix « intransigeante et souveraine », de ses indignations et de ses combats fondamentaux. « De telles voix sont sans prix. Elles ne s’éteindront pas, parce que nous avons décidé qu’elles ne s’éteindraient pas. Leurs voix ne s’étendront jamais ».

« Nous ne cédons rien au terrorisme, nous ne cédons rien à l’antisionisme, a dit Emmanuel Macron en se tournant vers le Premier ministre israélien. « La République se tient debout » a asséné le chef de l’Etat, citant un poème de Paul Eluard sur « ce rêve qui veille ».

« Je suis venu ici pour commémorer ensemble avec vous, a dit de son côté le Premier ministre Benyamine Netanyahou, commémorer ensemble, main dans la main est un geste très très fort ». Il a fait un préambule en français avant de passer à l’anglais et a rendu hommage à tous les Justes de France, ceux du Chambon sur Lignon et d’ailleurs, qui ont su mettre leur vie en péril pour protéger et sauver des juifs. « Nous n’oublierons jamais ». Il a rendu hommage à la France, « leader des démocraties » dans son combat contre le terrorisme, s’est dit impressionné que la première visite de M.Macron ait été pour le Mali. « Nous sommes ensemble pour affronter ce fléau et nous le déferons ensemble »

Le Président des déportés d’Auschwitz a réitéré une demande d’un musée-mémorial à Birkenau pour lequel la France et l’Allemagne ont donné leur accord mais pour laquelle il reste à convaincre la Pologne.