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Israël

Triomphe des séries israéliennes à Cannes

Le prix de la meilleure série TV est attribué à When heroes fly.

Standing ovation pour “When Heroes Fly”, la série présentée par la compagnie Keshet est un véritable succès auprès du public. Le talentueux Omri Givon, auteur de “Hostages” a su adapter avec brio le roman de Amir Gutfreund. On y retrouve tous les ingrédients qui font une bonne série ; histoire forte, authenticité, tension, suspens, personnages meurtris, incroyables jeux d’acteurs et modernité.

La série nous embarque dans une unité des forces spéciales israelienne. Rien de très original jusque là . Mais cette fois,  la mission n’est pas de tuer l’ennemi. Les quatre anciens combattants se retrouvent malgré eux onze ans plus tard pour retrouver Yaeli qu’ils croyaient morte. Son ex petit ami ne l’a jamais oublié. AzoulaÏ l’apercoit sur une photo d’un journal colombien et prévient ses amis. Ils démarrent une enquête qui va bouleverser leur vie. Pour la retrouver, ils font un périple dans la jungle colombienne. Mais avant, pour réussir, chacun d’entre eux devra accepter de se confronter aux anciens traumatismes de la guerre dont ils ont été  victimes. “When heroes fly” est un thriller sur la force vitale pour continuer à lutter, pour réussir à guérir et, enfin, pour trouver la paix.

Dans la série, Tomer Kapon, l’ex petit ami de Yaeli est véritablement exceptionnel. On comprend pourquoi. Il a réellement été combattant dans l’armée israelienne. L’acteur israelien  connait les traumatismes des soldats qui ont vu et du exécuter certaines missions violentes. Pour jouer ce rôle et sortir de lui-même, il s’est inspiré des réactions animales, comme pour retrouver son instinct. Il explique très bien comment provoquer l’émotion et faire bouger son corps en fonction de l’action et de son ressenti. Cette profondeur trouvée presque mécanique est surprenante. Il avoue avoir regardé longuement comment fonctionnaient les chiens lorsqu’ils étaient enervés. Il a  analysé le mouvement de leurs corps pour recréer la folie de son personnage. L’acteur s’est inspiré aussi des bruits de la nuit, des bruits qui reviennent et qui provoquent des terreurs. Tous les soldats ont cette mémoire, ce traumatisme. Malgré son jeune âge, il a réussi à faire comprendre la violence intérieure que peuvent ressentir les soldats traumatisés. Tomer Kapon, une révélation foudroyante tel que fut Robert de Niro dans Taxi Driver.

Pour voir cette série, il faudra attendre que Keshet la vende très prochainement à une plateforme ou des chaines internationales. Affaire à suivre en juin dans le magazine l’Arche.

Sabrina Obadia

Photo : l’équipe de la série When Heroes fly