Injures antisémites envers Alain Finkielkraut : jugement rendu ce vendredi  |  « Les défenseuses du burkini n’ont rien compris : Rosa Parks, c’est l’émancipation! »  |  Une place de Jérusalem inaugurée à Paris  |  Jérusalem: la France ouvre puis referme le Tombeau des rois après des incidents Un sommet inaugural de la lutte contre l’antisémitisme à Bucarest Révolte au Soudan : « Les démocrates soudanais ne pourront compter que sur leur propre génie démocratique » 15ème édition du Festival des Cultures Juives du 13 au 23 juin 2019 ! Pierre Goldman ou la découverte d’un écrivain « Field Hospital X », l’oeuvre de l’Israélienne Aya Ben Ron, présentée à la Biennale de Venise Le monde change. L’Arche aussi. L’édito de Paule-Henriette Lévy

Votre formule (abonnement annuel)

5 numéros par an

A partir du numéro

J'ai lu et j'accepte les conditions générales d'abonnement.

Le dernier numéro

Mai-Juin 2019

N° 676

France

Ces visages qui s’affichent fièrement

L’humoriste Lenny Bruce raconte sur la scène du Carnegie Hall de New York, en 1961, que lors d’un récent séjour à Miami il est allé voir un ami d’enfance. Un ami issu d’une famille juive pratiquante et qui ne cache pas son homosexualité. Lorsque Lenny Bruce frappe à la porte, la mère du jeune homme ouvre et lui dit : « Lenny, je vais te dire quelque chose au sujet de mon fils que tu ne vas jamais croire… il n’est toujours pas marié ! » L’humoriste explique ensuite que si les homosexuels sont souvent victimes de violences verbales ou physiques, une grande partie d’entre eux sont victimes du refus d’accepter leur réalité, d’un silence pesant. Comme ces affiches qui font aujourd’hui « polémique » au sujet de couples gays. Des photos qui n’ont rien d’érotique ou de pornographique mais « choquent » par refus d’acceptation de cette réalité. Le Beit Haverim, qui fêtera ses 40 ans en 2017, organisera de nombreux événements. Afin de mêler esprit festif et militantisme, il vient de sortir un calendrier avec douze photos, qui n’ont, elles non plus, rien de « licencieux » et qui montrent les différents visages du monde LGBT. Rencontre avec Alain, président du Beit Haverim.

L’Arche : Quel est le but d’une telle démarche ?

Alain : Ce calendrier permet de donner une visibilité aux juifs LGBT dans la communauté, conciliant ces deux identités à travers différents tableaux qui sont tous un peu militant. Ils parlent des droits, de la place de la femme, de l’homoparentalité, du désir… On les met en scène, sans que ce soit irrespectueux, avec une certaine impertinence qui pousse à la réflexion. Des personnes de toutes les facettes du monde LGBT posent et aussi une rencontre entre différentes générations. Il a été réalisé avec les membres du Beit Haverim.

Y a-t-il un problème de visibilité de l’homosexualité dans le judaïsme ?

Oui, malheureusement. Nous sommes en train d’écrire un livre sur ce sujet. Nous essayons de faire participer des rabbins consistoriaux à ce débat. Tout en respectant leur différent point de vue sur ces sujets, nous souhaitons qu’il se développe un échange de regard. Je remarque d’après les réponses ou manques de réponses, qu’ils ont surtout peur de s’afficher avec nous. Qu’on les accuse « d’être trop libéraux ».

Existe-t-il plus de dialogue sur l’homosexualité dans le judaïsme américain ?

Je pense qu’ils sont plus avancés sur ces questions. Du fait de la pluralité des courants et de leur dialogue entre eux. On retrouve d’ailleurs en Amérique des rabbins lesbiennes ou gays. Il y a même là-bas des congrégations juives LGBT. L’homosexualité est effectivement moins un tabou aux États-Unis.

www.beithaverim.com