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La complainte du balluchon

Samedi 29 novembre, l’Espace Rachi accueille le spectacle étonnant d’Eléonore Biezunski dans le cadre du Festival Jazz N’ Klezmer. Rencontre.

 

L’Arche : Votre spectacle est avant tout un hommage au parcours de votre grand-père ?

Eléonore Biezunski : On a choisi d’adapter une partie de les mémoires de Moïshé Rozenbaumas publiées sous le titre L’Odyssée d’un voleur de pommes (Editions La Cause des Livres, 2004). De raconter des épisodes de ce livre en les mêlant avec des personnages et histoires issus d’autres rencontres. Ce livre raconte son voyage de Lituanie et des 11000 kms parcourus pendant les six ans de la guerre jusqu’en Mongolie. En Asie Centrale, il a été déporté en Ouzbékistan en tant que Soviétique et non en tant que juif ce qui l’a emmené dans un camp de travail très rude au lieu d’être envoyé dans un camp de concentration. Il s’est engagé en tant que volontaire dans l’Armée soviétique. En tant qu’éclaireur, il allait derrière les lignes allemandes. Après la guerre, il a découvert que sa mère et ses frères avaient été tués. Il a retrouvé ma grand-mère qui venait de la même ville que lui. Ils se sont mariés et ont quitté clandestinement la Lituanie en 1957 pour la France.

C’est la première fois que vous jouez ce spectacle ?

On a d’abord créé le spectacle à la Vieille Grille en 2012. On l’a retravaillé l’année suivante, le présentant à plusieurs reprises à Paris et à Genève.

Quelles sont les influences musicales majeures ?

C’est très varié. Le klezmer, composé de nombreux ingrédients de ce qu’on appelle le monde litvak, mais pas seulement. Ce klezmer s’associe à d’autres influences tel le jazz. Avant de rencontrer ces musiques, j’ai d’abord été en présence de musique yiddish dans ma famille. Ma grand-mère chantait beaucoup et mon grand-père, qui est toujours en vie, parle encore cette langue. Ma mère m’a aussi chanté en yiddish dans mon enfance. Disques, chanteurs yiddish, puis cours de violons et formation classique. Ce qui m’amena une fois adolescente à vouloir apprendre le yiddish. En 2004, ma cousine me prévient que David Krakauer est de passage à Paris pour un stage de musique klezmer. Ce qui m’a ensuite amené à fréquenter la Maison de la Culture yiddish avec tous les musiciens américains qui venaient y jouer.

Vous travaillez également sur d’autres projets ?

Oui, sur un projet autour du répertoire de Ruth Rubin, une folkloriste née en 1906 à Montréal. Elle a collecté près de 2000 chansons en Amérique du Nord dans l’après-guerre. Certaines sont connues et d’autres se trouvent uniquement dans ses archives ou très peu approchées. Avec le même accordéoniste de ce spectacle et deux autres musiciens, nous travaillons donc à la création de ce spectacle.

La complainte du balluchon. A l’Espace Rachi, samedi 20h30. Tel  : 01 42 17 10 36

Avec : Eléonore Biezunski (voix, violon, kazoo) Charles Rappoport (violon, mandoline, piano) Hervé Bouchardy (clarinette) Piotr Odrekhivskyy (accordéon), Sylvain Plommet (contrebasse)