La commémoration de l’attentat de Pittsburg  |  Israël terre de tourisme !  |  « Les défenseuses du burkini n’ont rien compris : Rosa Parks, c’est l’émancipation! »  |  Le monde change. L’Arche aussi. L’édito de Paule-Henriette Lévy
France

Une mauvaise polémique

Dans une polémique où certains se sont laissé facilement emporter en proférant contre Patrick Klugman des attaques injustes, l’Arche voudrait apporter un témoignage.

 

Au mois d’août, on a eu cette affaire de Tel Aviv sur Seine, une journée festive à Paris-Plage. Le Front de gauche, par la voix de Mme Simonnet, a demandé l’annulation de cette journée, disons-le le boycott de cette journée. Anne Hidalgo a donné une interview au journal Le Monde où elle a maintenu sa décision. Patrick Klugman, adjoint au Maire de Paris, chargé des relations internationales, accordait de son côté une interview au site de l’Arche où il déclarait : « Nous ne céderons pas ».

Cette interview se trouve toujours sur le site de l’Arche, et on peut voir ce qu’est la position de Patrick Klugman sur ces questions.

On peut polémiquer, naturellement, à condition de respecter la position des uns et des autres.

 

Patrick Klugman : Nous ne céderons pas

Par La Rédaction | L’Arche | 12/08/2015 | 8h52

SONY DSC

Patrick Klugman est avocat, adjoint au maire de Paris chargé des relations internationales. Il s’exprime sur la polémique autour de Tel-Aviv à Paris-Plage.

L’Arche : Comment expliquez-vous cette position du front de Gauche qui demande l’annulation de la journée consacrée à Tel-Aviv à Paris-Plage ?

P.K : Je ne m’explique pas la polémique, je la constate et je la déplore. Les liens de Paris avec Tel-Aviv sont connus, sont profonds, sont naturels et sont importants pour les deux villes. Donc, que dans le cadre de ces relations, on accueille Tel-Aviv à Paris-Plage, c’est une déclinaison parmi d’autres, et finalement assez dérisoire, compte tenu de l’importance de nos échanges. C’est finalement assez naturel, et je ne comprends pas que cela suscite du débat.

L’Arche : Un dispositif renforcé a été mis en place pour sécuriser l’événement. Craignez-vous des débordements ?

P.K : Tous les Parisiens ou tous ceux qui sont à Paris au mois d’août, trouvent un moment de loisir qu’ils ne peuvent pas trouver ailleurs, et tout est mis en œuvre pour garder un esprit festif et ludique. C’est aussi pour cela que nous avons choisi Tel-Aviv parce que Tel-Aviv est une ville balnéaire, c’est la ville « qui ne dort jamais », et c’est pour cela que cela apparaissait comme un bon partenaire pour Paris-Plage. Donc, il y aura de la sécurité. Il y aura beaucoup de policiers présents aux alentours, mais nous voulons à tout prix garder l’événement d’une part, et garder l’esprit de l’événement d’autre part, c’est-à-dire un esprit festif et ludique.

L’Arche : Est-ce que le Front de Gauche est totalement derrière Mme Simonnet dans les positions qu’elle a exprimées ?

P.K : Je ne connais pas la vie interne du Front de Gauche et je ne peux pas répondre à cette question. Danielle Simonnet est la seule élue du parti de Gauche au Conseil de Paris, elle s’exprime à ce titre. Son expression est assez habituelle s’agissant d’Israël, même si je dois dire que ce n’est pas forcément la plus virulente sur ces sujets. Elle a le mérite, sinon de la pertinence, du moins de la constance.

L’Arche : Le fait qu’une conseillère de Paris remette en cause une décision du maire et demande son annulation est fréquent ?

P.K : Ecoutez, là vraiment, on est dans le cadre de la liberté d’expression, a fortiori s’agissant d’une élue. Elle a toute vocation à pouvoir critiquer autant qu’elle veut les décisions que prend la Ville. Danielle Simonnet n’appartient pas à la majorité. Le parti de Jean-Luc Mélenchon ne fait pas partie de la majorité municipale. Elle a, comme toute opposition de gauche et de droite, la liberté de critiquer ce qu’elle veut, de proposer ce qu’elle veut. Elle n’est pas décisionnaire. La Ville a pris une décision. Anne Hidalgo a décidé de prendre ses responsabilités et d’assumer l’entière programmation de Paris-Plage, y compris donc Tel-Aviv sur Seine.

L’Arche : La manifestation est maintenue, elle ne modifiera pas sa position ?

P.K : Non, la position d’Anne Hidalgo est très claire, celle de la Ville est intangible. Les seules choses qui pourraient modifier la situation, c’est un risque sécuritaire, mais nous ne sommes pas juges – c’est la préfecture de police qui en est le seul juge à Paris -, ou alors un risque météorologique particulièrement important, et encore une fois c’est la préfecture qui prendra la décision in fine. En ce qui concerne la position de la Ville, on s’est largement exprimés. Nous ne voyons pas pourquoi nous annulerions la présence de Tel-Aviv, ce serait céder aux plus radicaux et donner un très mauvais signe pour qui s’intéresse à la paix au Proche-Orient et à l’avenir des relations israélo-palestiniennes. Donc, nous ne céderons pas sur ce point.