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France

Prix Copernic : l’engagement citoyen récompensé

Vendredi dernier avait lieu dans la synagogue parisienne Copernic la remise du prix créé en 2012 par l’Union Libérale Israélite de France (l’ULIF).

« Le constat auquel nous avons abouti n’est peut-être pas réjouissant par moment mais il donne de l’espoir ». Le constat auquel Isabelle Wekstein-Steg fait référence est celui du documentaire qu’elle a réalisé avec Mohamed Ulad et qui leur vaut de faire partie cette année des lauréats du prix Copernic.

Leur film « Les Français c’est les autres », diffusé en février dernier sur France 2, raconte leurs interventions et discussions avec des élèves de lycées de la banlieue parisienne. Les thèmes abordés : les préjugés, le racisme, l’antisémitisme et l’identité de façon générale. La parole des élèves y est libre et les préjugés nombreux. Le travail des deux réalisateurs est d’autant plus nécessaire.

Interrogée sur la programmation tardive (23h30) de leur film sur France 2 Isabelle Wekstein-Steg reconnaît qu’ils ont été déçus. D’autant plus que la soirée thématique à la fin de laquelle il fût diffusé était nommée « Qui sont ces jeunes qui partent faire le djihad ? ». La lauréate rappelle que ce n’est absolument pas le sujet de leur film et que c’est précisément « l’amalgame contre lequel on lutte » dit-elle.

Leur d’objectif de départ était simple « essayer de rendre compte d’un constat et de la complexité de la situation » racontent-ils. Rencontrés quelques minutes avant la cérémonie, alors que l’office de shabbat se terminait, ils décrivent leur envie de continuer leur travail avec les lycéens. Ils parlent de « frustration » et « d’incompréhension » parfois mais surtout de la « satisfaction de faire ».

Malgré son métier d’avocat très prenant, Isabelle Wekstein-Steg partage ce sentiment. Elle souhaite continuer à s’impliquer et avoue que leurs actions dans les établissements scolaires lui manquent. Ils ont momentanément arrêté leurs interventions afin de faire vivre le film qu’ils ont fini de tourner en juillet l’année passée et Mohamed Ulad explique qu’ils souhaitent reprendre, mais de façon différente. « Le film nous a fait réfléchir de façon beaucoup plus aiguës sur ces problématiques là » dit-il, « d’un point de vue concret et intellectuel on est pris dans le film ». La remise du prix Copernic a été pour eux une « très belle surprise ».

L’autre récompense de la soirée est attribuée à Samantha Séropian, pour son projet « La Fabrique » dans le cadre de l’association « La Mainlèv’ », qu’elle a crée. Le but est de fonder, à l’intérieur d’une ancienne usine, un espace de rencontres, de création et d’initiatives dans une zone rurale du Gard.

Par ce choix le jury a voulu récompenser « son idéalisme et son engagement citoyen » qui vont dans le sens du « désenclavement des régions ». La jeune femme s’est dite très reconnaissante de ce prix qui l’aide particulièrement à assurer la faisabilité et le sérieux de son projet.

Les fidèles de l’office de shabbat restés pour la remise des prix ont écouté avec attention les mots des lauréats, en présence notamment d’André Azoulay, conseiller de Mohammed VI, Roi du Maroc et Martin Hirsch, membre du jury qui a décerné les prix de la soirée.

Lors de son discours introductif, Jean François Bensahel, Président de l’ULIF Copernic rappelait l’ « intérêt » et le « lien » de l’organisation « avec toutes celles et ceux qui font en sorte que, en France, on vive mieux ».

Dans une séquence du film « Les Français c’est les autres », Dominique Reynié, Directeur de la Fondation pour l’innovation politique donne justement deux conseils pour atteindre cet objectif : « Réapprendre à ne pas être d’accord tranquillement, posément » et « retrouver le goût de la vérité des faits ».