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Littérature
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Quand un livre fait renaître le vieux Louvre

Avec Rayé de la carte, le journaliste Jonathan Siksou signe un premier roman qui remplit toutes ses promesses, celles de faire voyager son lecteur dans le temps et de ressusciter un Paris disparu.

C’est une véritable promenade dans le vieux quartier du Louvre que propose Jonathan Siksou. Du règne des Valois jusqu’à sa destruction sous Napoléon III, le journaliste prend le lecteur par la main pour lui propose de déambuler avec lui dans les rues du Louvre. Le récit principal portant sur les métamorphoses de la ville est ponctué de passages en italique qui viennent évoquer les souvenirs d’un Paris cher à l’auteur. Mais qu’on ne s’y m’éprenne pas, ce livre, qui se situe entre l’essai et le roman, n’est en rien une simple carte postale. Après quatre ans de recherches, Jonathan Siksou livre un travail qui oscille entre celui de l’historien, de l’architecte et du peintre impressionniste. « Comme il n’existait jusque-là aucun livre sur ce vieux quartier du Louvre, j’ai trouvé des informations dans des Mémoires, des plans anciens, ou encore, dans des dictionnaires du vieux Paris » explique l’auteur.

Le livre vient combler le vide du Louvre actuel foulé par les touristes. Il restitue la vie parisienne d’autrefois à travers son architecture, ses acteurs, ses activités. Le temps qui y est dépeint est celui de des bals costumés du XIXème siècle, des boutiques, des hôtels. On y croise chansonniers, artistes, charretiers et courtisanes. Le baron Haussman, acteur majeur de de la transformation de Paris, est convoqué, tout comme les auteurs Léon Daudet, Victor Hugo ou Gustave Flaubert. Ce dernier, dans L’Education sentimentale, consacre d’ailleurs plusieurs lignes aux combats de la Révolution française de 1848 que connus le quartier du vieux Louvre. Au fil du texte, poèmes de Corneille ou Baudelaire, échanges épistolaires d’artistes et citations de guides touristiques de l’époque viennent compléter la scène. En écrivain pointu, Jonathan Siksou ne se lasse pas des anecdotes qui font le charme de la narration. Ainsi, les lecteurs néophytes apprendront ce que signifiait les « vinaigrettes » au XVIIème siècle, ces véhicules composés d’une caisse de voiture et de deux roues, traînés ou poussés par un homme, une femme ou un enfant.

Rayé de la carte évite sans difficulté l’écueil du roman passéiste morose. La précision des détails, l’esthétisme de la mémoire, le sens de l’Histoire confèrent à cet ouvrage une nostalgie pétulante.

*Jonathan Siksou, Rayé de la carte, éditions du Cerf