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Les séries israeliennes couronnées à Cannes

Pour sa première édition, le festival international des séries tv a sélectionné dix créations de grande qualité venues du monde entier pour sa compétition officielle.

Israel est couronnée par deux prix et pas des moindres : la meilleure série internationale pour When heroes fly et le prix d’interprétation pour Miguel.

Le jeu subtil de Ran Danker nous hypnotise. Le jeune acteur réussit à nous impliquer dans une histoire invraissemblable mais vraie. Il avoue avoir travaillé son personnage pendant des mois pour saisir l’impalpable et l’humain.

Miguel est une série d’un nouveau genre. On ne parle pas de guerre, ni d’armée, et encore moins de religion.  Dans une ambiance intimiste et déchirante, on se retrouve au Guatemala pour comprendre ce qu’un parent doit être pour son enfant. Tom Salama a écrit sa propre histoire. Il a manqué d’amour, celui d’un père. L’enfant qu’il a voulu adopter à 23 ans a bouleversé sa vie. Quand il accueille Miguel, le garçon âgé de 5 ans lui tient tête et refuse de communiquer avec lui. Tom doit alors affronter cet enfant comme celui qu’il est au fond de lui-même, seul et abandonné. “Mon fils a été un miroir pour moi. J’ai arrêté d’être en représentation, d’être arrogant et superficiel. Mon fils m’a permis de grandir et d’être authentique. J’ai réalisé que je voulais qu’on m’adopte”.

Seize ans plus tard, quand Miguel débarque au Guatemala à la recherche de ses racines, Tom fera tout pour empêcher son fils de découvrir le secret qu’il a réussi à lui cacher pendant toutes ces années. L’écriture de ce scénario a permis à Tom Salama de se débarasser de ses vieux démons. Depuis, il est devenu père de cinq autres enfants adoptés.

Fleur Pellerin, présidente de Canneseries reconnait qu’Israel est un pays très créatif qui propose d’excellentes séries comme Hatufim.  “Nous souhaitons accueillir encore plus de séries du monde entier l’année prochaine en permettant à d’autres catégories que le thriller de s’exprimer”. Audrey Fouché, scénariste et membre du jury  n’est pas étonnée que Tel Aviv soit un vivier de scénaristes “les israeliens  partent d’une réalité déchirante, d’un conflit universel, de failles et de dilemnes avec des personnages forts. Tous les ingrédients sont là pour faire une série à succès”. When Heroes fly et Miguel prouvent que séries israeliennes peuvent se renouveler. Mais les séries auront-elles un aussi grand destin que les fictions ?

Sabrina Obadia