La commémoration de l’attentat de Pittsburg  |  Israël terre de tourisme !  |  « Les défenseuses du burkini n’ont rien compris : Rosa Parks, c’est l’émancipation! »  |  Le monde change. L’Arche aussi. L’édito de Paule-Henriette Lévy

Spécial Cannes : Palmarès de la 58ème Semaine de la Critique

La cérémonie de clôture de La Semaine de la Critique s’est déroulée dans la grande salle du Miramar, en présence de Charles Tesson, son président et toutes les équipes des films.
Mettre en lumière tous les univers, les nouveaux regards sur le monde, défendre la diversité des cinémas, encourageant les nouveaux talents du 7ème art, c’est mission réussie pour la Semaine 2019. Huit jeunes réalisateurs nous ont donné à voir de fantastiques histoires, remarquablement réalisées, interprétées par des comédiens de talent.
Le jury composé du réalisateur colombien Ciro Guerra, de la comédienne française Amira Casar, la productrice franco danoise Marianne Slot, Djia Mambu, la journaliste et critique de cinéma belgo-congolaise, et enfin Jonas Carpignano, le réalisateur italo-américain a rendu son verdict.
Le prix SACD a été décerné au film guatémaltèque de César Diaz Nuestras Madres (our mothers)
Le prix Canal + a été remis à Andréas Hogenni pour son court métrage  pour Ikki Illa Meint (sans mauvaise intention)
Le prix de la Fondation Gan a été attribué au distributeur The Jokers films pour le premier film puissant de Lorcan Finnegan, Vivarium
Le prix de la Fondation Louis Roederer de la révélation a récompensé l’acteur islandais Ingvar Sigurosson pour son rôle magnifiquement interprété et les variations de son visage dans Hvitur, Hvitur Dagur (White, white day).
Et enfin le prix Nespresso, très attendu, récompense le réalisateur prometteur Jérémy Clapin pour son film d’animation J’ai perdu mon corps.
Un regret toutefois ; aucun prix pour le Miracle du Saint inconnu qui aurait mérité d’être primé, décelé par les équipes intuitives et visionnaires de Charles Tesson.

Ce premier long métrage prometteur signé Alaa Eddine Aljem raconte l’histoire surréaliste d’Amine, un voleur qui s’enfuit dans le désert pour échapper à la Police après avoir volé une grosse somme d’argent.  Au sommet d’une colline, il enterre son butin sous une tombe traditionnelle qu’il édifie de ses propres mains. Il est arrêté quelques minutes plus tard. A sa sortie de prison, il part chercher son sac et découvre avec stupeur que sa cachette est devenue le Mausolée du «  Saint Inconnu »  qui fait des miracles. La colline du désert s’est transformée en un lieu de pèlerinage, surplombant le village qui vit au rythme de traditions inventées de toute pièce. Les personnages poussent l’absurde et le burlesque à son paroxysme ; Le coiffeur s’autoproclame dentiste et crée des dents en or au chien du gardien du Mausolée. Le médecin administre le même traitement à toutes les femmes du village qui le visitent pour se distraire. L’infirmier fait des mélanges savants d’alcool qu’il ingurgite tout au long de la journée. Amine n’a pas d’autre choix que de s’y installer quelques jours s’il souhaite récupérer son butin. Il va devoir faire preuve d’ingéniosité et choisir entre l’argent et ses croyances. Une réalisation contemporaine, sobre, un casting brillant, des dialogues et une musique minimalistes, une esthétique au service de l’oeuvre qui nous interroge sérieusement sur la place que nous laissons à nos croyances.